[Fan-Fic + Univers] Z-Corps 2022

Modérateurs: Neko, kristoff, Brain.Salad, Florrent

[Fan-Fic + Univers] Z-Corps 2022

Messagepar Lord Hinateur » Jeu Déc 15, 2011 9:25 pm

À propos

Descriptif du contexte:
Automne 2022. L'Humanité à perdue la Z-War et les zombies sont désormais l'espèce dominante sur Terre. 90% de la population mondiale est contaminé ou morte. Les Z-Corps, les survivants et les portés disparus se partagent les 10% restant. Sur l’île de Staten Island, à proximité de Manhattan (désormais vaste champ de ruines), se trouve basé le 1er Régiment Z-Corps de l’État de New York. Aux pieds des ruines de l’Empire State Building, se trouve également une importante communauté de survivants, baptisée New Hope.

Chronologie des évènements connus:

Mars 2013: Malgré des renforts continus, la situation de Manhattan bascule un peu plus chaque jours. Les infectés se cachent dans tous les recoins, chaque rue est un traquenard, chaque building un piège mortel et chaque ombre vous bondit dessus. Les pertes parmi les Z-Corps dépassent de loin les quota de recrutement et OneWorld commence à se retrouver à court de Contrôleurs qualifiés.

Avril 2013: L'armée se replie définitivement de Manhattan.

Juin 2013: OneWord abandonne Manhattan et se replie sur Staten Island puis en dynamite les voies d'accès. La firme s’attelle alors à la "terraformation" de l'île pour en faire sa principale base d'opération de l'État de New-York.

Avril 2015: L'US Army à rassemblé ce qu'il reste de ses forces et avec la France, l'Angleterre, la Russie et plusieurs autre pays. L'Armée de la Coalition, nouvellement formée, tient volontairement à l'écart OneWorld de sa table des décisions. La Coalition décide que Manhattan sera le symbole de la reconquête.

Juillet 2015: L'Opération Star Flag début le 11 juillet à 6h00 quand les premiers parachutistes sont largué au-dessus de la 5ème Avenue. En tout, plus de 17000 hommes et leur matériel vont être déployé en moins de deux semaines.

Juillet 2016: Au bout d'un an de bataille rangée contre les zombies new-yorkais, la situation de l'Armée de la Coalition est désespéré. Et malgré des tentatives (désastreuse) pour reconquérir les autres quartiers de la ville, elle recule jour après jour.

1 Août 2016: L'incident qui causera la destruction de l'Empire State Building va sonner le glas de l'Opération. La Coalition est contrainte à une coûteuse et humiliante retraite, après avoir perdu plus de 78% des effectifs engagés.

Octobre 2017: Le 1er Régiment Z-Corps de l’État de New York est désormais complètement opérationnel. Des systèmes de régiments similaire sont mis en place dans d'autre États et rapidement les Z-Corps prennent la structure et l'organisation d'une armée.

Novembre 2017: Les premières missions de recherche de documents et de prélèvements d’échantillons au coeur de Manhattan son couronnées de succès, malgré quelques pertes. Au cours d'une mission, une Z-Team tombe nez à nez avec un groupe de survivants extrêmement bien organisés, nommés les Manhattan Rangers. Le 1er Régiment apprend aussi l'existence d'une importante communauté de survivants, basée au pieds des ruines de l'Empire State Building et baptisé New Hope.

Décembre 2017: Un pacte de non-agression est signé entre le 1er Régiment et les Rangers. En échange de vivres et de matériel, les Z-Corps pourront bénéficier du formidable réseau d'éclaireurs et de relais radio que les Rangers ont tissé à travers la ville.

Automne 2022: 10 ans de guerre contre les morts-vivants ont mené l'Humanité au bord de l'extinction. Rien ne leur survivra et le pire est à venir...

Info bonus: Quand mon temps libre me le permet, je rédige petit à petit une aide de jeu qui permettra aux MJ de plonger leur joueurs dans ce Manhattan du futur. Que ce soit dans le treillis d'un Z-Corps ou dans la peau d'un Survivant.

Disclaimer: Je n'ai pas la prétention d'être la tête des auteurs et le peu de modestie qu'il me reste me laisse à penser que ce n'est pas mon rôle de joueur.

Description: Le contexte de Z-Corps 2022 que je propose, que ce soit pour ma fan-fic et ma (futur) aide de jeu est une uchronie (futur alternatif). Il fait "sécession" du contexte de Z-Corps aux environs de la 8ème semaines, je n'ai pas encore lu DOA mais je doute que la perte de Manhattan soit dans la continuité de ce qui est prévu par les auteurs. Je prend donc un sacré nombre de libertés, que ce soit pour les factions en présence ou pour les protagonistes. Ce post va distiller quelques éléments propre à Z-Corps 2022 mais en se concentrant d'abord et surtout sur une histoire que j'ai envie d'écrire (une sorte d'intro si vous voulez). Les règles modifiées et les éléments de contexte à destination des MJ/Joueurs viendront en temps et en heures.

Inspirations: Z-Corps, Metro 2033, Fallout (New Vegas), World War Z, Guide de Survie en Territoire Zombie, Rien ne nous survivra, STALKER (jeux-vidéos), Pique-Nique au bord du Chemin, Zone de Guerre.

[Fan-Fic] Opération Hard Wake-Up

Introduction

J+20, quelque part dans Manhattan, aux environs de 2 heures du matin
Une nouvelle secousse me jette au sol. Ma vision est trouble, mes oreilles sifflent. Pas étonnant que j’ai le sens de l’équilibre d’un alcoolique bien imbibé. Je suis face contre terre et je n’arrive pas me relever. Je tourne la tête vers la droite et ma vue fait la mise au point sur ce qu’il y a devant un moi.

Un type est allongé sur le sol, comme moi, il me regarde. Enfin non, pas exactement, disons que son regard est tourné vers moi. Du sang coule lentement depuis un trou bien net au milieu de son front. À voir son teint blafard et ses yeux voilés, j’en déduis qu’il est mort. Son visage ne me dit rien. Je le connais ? Non, je n’en ai pas l’impression. Il porte un étrange treillis vert foncé. Un militaire ? Non, ça ne ressemble pas aux uniformes que portait autrefois l’US Army.

Ma vision est nette désormais, mais mes oreilles sifflent toujours. Je tente de me relever. Je titube comme un ivrogne m’agrippe comme je peux au mur à côté de moi et je finis par retrouver la station debout. J’ai l’impression que le sol tangue légèrement sous mes pieds. Je baisse les yeux et je constate que ce n’est pas qu’une impression. Le couloir oscille légèrement et une douille roule doucement d’un côté à l’autre, en fonction des mouvements de l’ensemble.

Soudain, une forme sombre passe, littéralement, à travers une porte latérale, avec un grand bruit de bois brisé, et percute le mur opposé. Elle porte le même treillis vert foncé que l’homme allongé par terre. Malgré le coton que j’ai dans les oreilles, j’entends distinctement trois détonations assourdissantes provenant de la pièce. Trois gerbes de sang et autant de légers soubresauts plus tard, la forme sombre est désormais inerte, adossée au mur et un liquide écarlate commence à imbiber doucement la moquette bleue.

Un homme portant un treillis noir, équipé de tête aux pieds avec du matériel milliaire (elle est bizarre sa tenue de protection d'ailleurs, j'en avais jamais vu comme ça) et tenant un Colt 1911 fumant à la main, sort en trombe de ladite pièce, en enjambant les débris de la porte. Il se tourne vers moi et me dévisage. Moi aussi d’ailleurs. Un bon mètre soixante-quinze, pas très épais, mais visiblement musclé, assez en tout cas pour faire un passer un type à travers une porte en bois.

Les cheveux poivres et sel, coupés courts, un visage mangé par une barbe de 3 jours avec des traits anguleux, comme taillés à la serpe. Il porte un bandeau noir sur l’oeil gauche et le droit, d’un vert émeraude profond, me fixe froidement. Malgré une tête à faire peur, cet homme dégage un charisme impressionnant et impression de calme à toute épreuve. Même si je ne le reconnais pas, son visage me dit quelque chose. L’ai-je déjà croisé auparavant ? Peut-être…

— [...]

Tiens, on dirait qu’il me parle. Dommage, je n’entends rien. Mes oreilles sifflent encore et lire sur les lèvres n’a jamais été mon fort. Il me désigne quelque chose derrière moi. Je jette un coup d’oeil dans la direction de son doigt : une fenêtre. De ce que j’en vois, nous sommes dans un immeuble et Bon Dieu, on est haut en plus ! Alors qu’une nouvelle secousse me projette contre le mur, mes oreilles se débouchent brutalement et l’ouïe me revient, douloureusement.

— MASSON ! Me hurle le type en treillis noir.

Masson ? Qui est Masson ? Ce n’est pas moi en tout cas. Non, moi mon nom de famille c’est Forge. Henry J. Forge.
Nouvelle secousse, plus violente cette fois. Je tiens bon sur mes jambes. Avec l’ouïe est revenu le sens de l’équilibre. J’entends comme une explosion dans les étages inférieurs et ça ne présage rien de bon.

— MASSON ! IL FAUT Y ALLER ! Continu l’autre en me désignant à nouveau la fenêtre.

Y aller, y aller. T’es marrant coco, on est au moins à 20 étages au dessus du plancher des vaches. Je ne sais pas encore tout à fait où je suis, mais finir en crêpe sur le bitume ne fait pas partie de mes objectifs à court terme. Et puis qui est ce « Masson » à la fin ? Je le regarde sans comprendre et mes lèvres s’entrouvrent pour lui poser cette question. Mais je ne commence pas ma phrase, car le type (dont je ne connais toujours pas l’identité) est en train de braquer son pistolet sur moi. Instinctivement, je me jette au sol, un peu avant que 4 détonations ne retentissent. Un bruit de verre brisé se fait entendre. Un peu hagard, je me relève et fais un check-up de moi même. Aucun trou. Rien. Bon, déjà il n’a pas essayé de me refroidir, c’est plutôt positif.

Je me tourne alors vers le type pour lui demander ce qu’il fabrique, mais là encore je n’ai pas le temps de lâcher un seul mot. Ma respiration se coupe brutalement et j’ai l’impression qu’un linebacker vient de me faire un plaquage. En fait je ne suis pas si éloigné de la vérité : Le type en treillis noir à franchit au pas de charge la distance entre nous, ma ceinturé au torse et nous à propulsés tout les deux à travers les débris de la vitre, droit dans le vide ! Finalement si, je vais finir étalé 20 étages plus bas. J’espère que ça ne fera pas mal.

Nous tombons depuis environ 4 ou 5 étages quand soudain (sous l’effet de l’adrénaline très certainement) mes souvenirs commencent à se bousculer dans ma tête. Toujours agrippés l’un à l’autre, nous sommes tous deux violemment secoués par je ne sais quoi et ma tête heurte quelque chose. Ma vision s’obscurcit brutalement et avant que je ne sombre dans l’inconscience, je murmure un mot : « Spades ».

**********

J-2, Nellis Air Force Base, État du Nevada,
Karl Mallone, général des Z-Corps de son état, regardait pensivement la pluie s’abattre inlassablement sur les carreaux des vitres de son bureau. Debout derrière son fauteuil, les bras croisés dans le dos, il se perdait dans la contemplation de l’orage qui s’abattait sur les pistes bétonnées et qui trempait jusqu’aux os les hommes s’affairant en contre-bas. Son interphone bipa deux fois.

Il se tourna vers le somptueux bureau en acajou puis se dirigea vers l’imposant fauteuil en cuir noir et s’y laissa tomber avec un soupir d’aise. La vie dans un bureau, surtout après des années de terrain, pouvait être ennuyeuse, mais pour le simple petit plaisir d’avoir enfin une chaise enfin confortable et un bureau constitué d’autre chose qu’une planche posée sur deux tréteaux, Karl voulait bien consentir à quelques sacrifices. Et puis à son âge, on fait moins facilement des galipettes dans la boue. Il se saisit du demi-cigare posé sur le côté du cendrier et le ralluma en craquant une amulette. Il lâcha quelques ronds de fumée vers le plafond puis consentit enfin à appuyer distraitement sur le voyant bleu de l’interphone posé sur son bureau.

— J’écoute, lâcha-t-il.

Une voix féminine, sa jolie secrétaire blonde lui répondit, un peu intimidée par le ton sec du général (faut pas le déranger quand il fume son cigare).

— Monsieur le général, vous avez Mademoiselle Radley sur la ligne Une. Elle dit que c’est urgent.
— Je prends, merci Julie. Apportez-moi un café, vous serez gentille.
— Oui monsieur.

Non, décidément Karl se satisfaisait de cette vie de pacha. Enfin, quand il ne devait pas gérer 50.000 barbouzes, armés jusqu’aux dents, répartis sur tout le territoire américain. Il appuya sur le bouton marqué d’un petit « 1 » noir.

— Mallone.
— Mes respects mon général, lui répondit une voix féminine qui respirait l’assurance.
— Comment se passent les préparatifs ?
— Parfaitement bien monsieur, nous seront prêt sous 48 h. Ils sont tous sur la base.
— Bien, quelle heure est-il chez vous ?
— Sept Zéro Zéro.
— Convoquez-les en salle de briefing dans 15 minutes précises et préparez-moi une vidéo-conférence.
— Oui mon général.

Elle raccrocha. Karl soupira, reposa le cigare dans le cendrier et se massa les tempes. Ce qu’il allait faire ne lui plaisait guère, mais les ordres venaient d’en haut. De sa poche droite, il sortit un papier plié en quatre, un mail.
Général,

Nos indicateurs de Manhattan sont formels, J.M est de nouveau actif et commence à devenir dangereux pour OW.
Vos ordres sont de créer une nouvelle équipe Delta avec les éléments de votre choix.
J.M doit être éliminé aussi rapidement que possible. Les conséquences d’un échec seraient absolument désastreuses.
Vous avez carte blanche pour mener à bien cette opération. Rendez-compte régulièrement à qui-vous-savez.

Cordialement,

Laconique au possible: à peine quatre lignes et non signée. Mais Karl savait de qui provenait ces ordres et une signature aurait été superflue, sinon dangereuse pour l’expéditeur, dans le cas où cette lettre aurait été interceptée. Le regard de Mallone se dirigea vers sa gauche, où étaient empilées six pochettes cartonnées. Avec sa main il fit glisser le tas devant lui et regarda successivement les noms imprimés dessus : Esteban Guevarra, Jack O’Hara, Mike Van Kisher (Mallone frissonna à la vue de ce nom), Hannah Svensson et enfin Vassili Zaittsev. Karl était fasciné par l’homme décrit dans ce dernier dossier, il l’ouvrit et regarda la photo. Un visage dur et couturé de cicatrices, une expression neutre figée, en partie masquée par un bandeau noir. Son œil unique, vert émeraude, semblait lancer des éclairs. On frappa discrètement à sa porte.

— Entrez, grommela-t-il.

Sa secrétaire, une magnifique jeune femme d’une vingtaine d’années, blonde comme les blés et avec une chute de reins à damner un prêtre, entra dans la pièce, un plateau dans les mains. Impeccable dans son tailleur noir, elle franchit l’espace entre la porte et le bureau d’une démarche chaloupée, malgré d’impressionnants talons aiguilles. Le plateau comportant une tasse fumante, un grand thermos argenté et une petite sucrière en porcelaine française, fut posé sur le bureau.

— Merci beaucoup Julie. Excusez ma rudesse tout à l’heure, je n’ai pas l’habitude de veiller aussi tard. Vous, vous devriez par contre aller vous reposer.

La jeune femme, lui renvoya un sourire désarmant de gentillesse.

— C’est gentil monsieur le général, mais il me reste encore quelques rapports à compiler pour qu’ils soient à l’heure sur votre bureau dans la matinée. Je prendrais mon après-midi pour me reposer.

Mallone acquiesça puis regarda sa montre.

— L’affaire est entendue. Qui plus est, je n’aurai pas besoin de vous dans l’après-midi. Dans 5 minutes je serais en visioconférence. Je ne prends aucun appel et que l’on ne me dérange sous aucun prétexte.
— Oui monsieur, bien monsieur. Dit-elle avant de sortir de la pièce et en refermant la porte derrière elle.

Karl se laissa aller en arrière dans son siège, les bras croisés derrière la tête. Il soupira. Non décidément, il n’aimait pas ce qui était en train de (ou ce qui allait) se produire. Il reporta son attention sur la chemise cartonnée ouverte sur son bureau puis la referma, non sans jeter un coup d’œil à une ligne de la fiche en particulier :
Indicatif: Spades



Chapitre 1: Réveil

J-7, quelque part dans Manhattan
— Spades !

À l’évocation de son indicatif prononcé dans son oreillette, Vassili émergea de ses pensée et rouvrit l’oeil. Sa vision réintégra la lunette de son fusil.

— Spades ! hurla de nouveau la voix féminine.
— J’ai vu, grommela le concerné.

Le coup de feu claqua comme un fouet dans le silence du matin. À 200m de là, la tête du zombie explosa comme une pastèque. Une rotation vers le haut puis vers une translation l’arrière et le mécanisme à verrou de l’AX338 éjecta la lourde douille de calibre .338 Lapua Magnum. Celle-ci chuta dans le vide en virevoltant. Déjà la main de Vassili avait actionné le verrou en sens inverse pour engager une nouvelle balle. Nouveau tir. Un zombi fut fauché au niveau du sternum et projeté en arrière. Nouvelle douille dans le vide. Nouvelle balle dans la chambre. Troisième tir. Une gorge fut pulvérisée dans un nuage écarlate. Trois tirs parfaits en moins de 15 secondes.

— C’est dégagé, lâcha Spades en actionnant une nouvelle fois le mécanisme de son fusil.
— Parfait, on est en route, lui répondit, passablement agacée, la voix féminine.

L’instant d’après, la porte menant au toit de l’immeuble s’ouvrait à la volée et quatre formes en treillis noir, encadrant trois personnes en tenue NRBC orange vive, déboulaient sur le toit. L’hélicoptère noir se rapprocha du toit et s’immobilisa à 10 cm au dessus du rebord. Vassili vit un mec en treillis noir, portant une casquette verte foncée ornée d’une étoile rouge, dégainer un pistolet et coller une balle la tête des zombis étalés sur le toit (celui ayant la tête en compote mis à part). Tout le monde se dirigea vers l’hélico. Vassili, assit les pieds dans le vide et le fusil en travers des genoux, aida ses compères en treillis noir à grimper sur le marche-pied du Night King en leur tendant la main. Les trois types en orange, un peu encombrés par leur tenue, furent hissés dans l’hélico. Finalement le dernier Z-Corps sur le toit, celui avec la casquette, se dirigea au petit trot vers l’appareil. Comme pour les autres, Vassili lui tendit la main pour l’aider à se hisser sur le marche-pied.

— Joli coup Spad', tu les as pas loupé, dit-il en acceptant la main que lui tendait l’intéressé.
— Merci Che.

Vassili observait l’homme en question. Un homme large d’épaule et aux bras épais, lui souriait de toute ses dents. Un visage rond et joviale, aux traits Cubains ou Mexicain peut-être, parachevé par un regard pétillant de malice. La seule « ombre » au tableau était l’impressionnante collection d’explosifs accrochés à son gilet: Plusieurs grenades diverses, à la goupille matérialisée par des smiley de toutes les couleurs et avec des expressions différentes. Cela fit sourire légèrement Vassili.

— Spades !

La voie féminine provenait d’une des personnes en treillis noir. Maintenant qu’elle avait ôté son masque, Vassili pouvais contempler une petite rousse, plutôt jolie, avec une expression furax peinte sur le visage.

— La prochaine fois que vous rêvassez en couverture, je vous colle au mitard pour trois semaines !
— Oui Maître Contrôleur Principal Radley, lâcha Vassili à contre-coeur.

Dieu qu’il pouvait détester cette femme. Et elle le lui rendait bien.

Tout le monde étant à bord, le pilote s’écarta du toit de l’immeuble et commença à prendre de l’altitude. L’appareil mit le cap au sud et s’éloigna en vrombissant.

**********

J-7, quelque part dans les ruines de Jersey City, État de New Jersey
La sonnerie de mon téléphone portable, un tube à la mode dans les années 2010, me tire de mon sommeil. Attendez une minute ? La sonnerie de mon téléphone portable ?! Je me redresse brusquement de mon sac de couchage et je me saisis du petit appareil rectangulaire noir. Le fait que je le prenne dans les mains, à fait que la sonnerie à baissé en intensité. Fonction purement gadget à l’époque où je l’avais acheté, elle se révèle bien pratique en cet instant. Au moins maintenant Ils n’entendront pas la musique. Je retourne la petite chose dans mains pour vérifier que la sonnerie n’est pas un tour joué par mon esprit (au passage je remarque que le logo en forme de pomme c’est encore décollé du dos de l’appareil). Mais non, non seulement il sonne mais en plus il vibre.

Dans mes souvenirs, le réseau mobile c’est effondré aux alentours de mars 2013, à peu près en même temps que l’Humanité commençait à perdre la Guerre. D’ailleurs l’écran, désormais allumé par mes soins, me le confirme: « Aucun réseau détecté ». Pourtant l’écran indique également « Appel entrant, numéro masqué ». Je me pince. Aïe ! Non, je ne rêve pas.

Mon doigt effleure l’écran tactile et je porte l’appareil à mon oreille.

— Allô ? dis-je d’une voix mal assurée, comme si 10 ans sans avoir un seul coup de fil m’avait fait oublier ce simple mot.

La voix qui me répondit était déformé informatiquement, ça se sent.

— Monsieur Forge ?
— Euh… Lui-même…
— J’ai des informations au sujet de votre femme et de votre fille.

Mon coeur s’arrête de battre un instant. 4 mois que je traverse à pied le pays, au départ de San Francisco, pour me rendre à Manhattan, pour les retrouver. Mia et Lucie, les deux amours de ma vie.

— Je vous écoute, elles vont bien ? dis-je d’une voix blanche.
— Seul le Lincoln Tunnel est encore praticable. Rendez-vous au croisement de la 46ème Ouest et de la 5ème Avenue. La communication fut coupée.
— Allô ? Allô ? répétais-je bêtement.

Je reposais doucement le téléphone sur mes genoux. L’esprit dans un bordel complet. Ce type connaissait mon nom, savait que je cherchais ma femme et ma fille et savait probablement où j’était. Mieux encore il avait réussi à me joindre par téléphone ! Mon téléphone se remit à vibrer brièvement. Un SMS. De mieux en mieux.
W 46th st – 5th Ave.
Faites vite, le temps nous est compté.
R. 411

R. 411 ? C’est lui mon mystérieux interlocuteur ? Plus ça va, plus les choses deviennent incompréhensible. Je jette un coup d’oeil à ma montre: 2h10 AM. À mon avis le sommeil va me fuir. Je vérifie que les rideaux couvrent bien les fenêtres de mon abri puis j’allume ma lampe-torche et je déploie ma carte routière. Un petit point rouge dessiné au feutre, dans Journal Square, indique ma position actuelle. Du doigt, je suit la route à prendre pour rejoindre le Lincoln Tunnel. Il me faudra remonter la Pallisade Avenue sur environ 4 miles. Le Holland Tunnel est bien évidemment plus proche mais à en croire R. 411, seul le Lincoln est encore praticable. OW aurait-elle fait sauter le voies d’accès à Manhattan ? Peut-être… Après tout c’est pas idiot de vouloir isoler un grand nombre de zombies. Par contre pour les éventuels survivants dans les ruines…

Je replie ma carte et toujours lampe torche à la main, je balaye l’espace autours de moi. Réfugié au deuxième étage, juste au dessus d’une ancienne supérette, j’ai occulté les fenêtres avec des bâches et du tissu et j’ai barricadé les portes avec des planches. Un vieux matelas décrépi et rongé par l’humidité me sert de « lit » avec mon sac de couchage et une couverture presque intacte trouvée hier. Ma lampe torche passe sur mon sac à dos, rangé dans un coin de la pièce, prêt à être choppé au vol en cas de fuite d’urgence. J’ai lu cette astuce dans un bouquin dont j’ai oublié le nom.

Le faisceau lumineux passe ensuite sur mon « espace cuisine ». Une dynamo à main me permet de charger mon téléphone ou mon réchaud électrique. J’entame alors de faire réchauffer la boite de conserve qui contient les restes de mon dîner d’hier soir: des fayot sauce tomate avec de rares morceaux de boeuf. Pas mal comme petit dej’ pour un homme d’affaire qui avait l’habitude d’avoir des oeufs au bacon tout les matins. Des petites bulles se forme dans la masse rougeâtre et une fine fumée blanche commence à sortir du conteneur métallique. J’arrête alors de tourner la manivelle et je sort d’une de mes poches une fourchette en plastique propre.

Pendant que je mâchonne distraitement des bouts de viande un peu caoutchouteux et des fayots farineux, j’entend un bruit de verre brisé à l’étage inférieur. Merde ! Je pose doucement mon petit-déjeuner sur le sol et je tend l’oreille. Pas d’autres bruits. C’est peut-être une fausse alerte mais par prudence je commence à ranger silencieusement et rapidement mon bivouac. En quelque minutes tout est rangé, ma nouvelle couverture et mon sac de couchage sont enroulé et sanglé sur le haut de mon sac. Des traces de ma présence, il ne reste que le matelas, des empreintes dans la poussière et une boite de conserve avec une fourchette blanche qui dépasse.

Toujours pas de bruit, je n’aime pas ça. Je le sais, Ils sont capable de rester des heures immobiles à attendre qu’une proie passe à leur portée. Le vent à peut-être fait tomber une bouteille sur le sol mais cet espèce de picotement derrière la nuque me hurle le contraire. Je dégaine ma seule arme, un Beretta 92. Ces dernières années, il as été mon unique compagnon digne de confiance. Aujourd’hui il ne me reste qu’un chargeur plein. Il va falloir que je me dégote des munitions. Rapidement.

J’enlève la barre en métal qui barricade la porte qui mène au escalier et descend lentement les marches, en évitant de faire crisser le verre que j’ai placé en guise d’alarme. Arrivé en au premier étage, je regarde à droite et à gauche, rien dans le couloir. En face de moi, la porte menant au rez-de-chaussée, à savoir la supérette. Elle n’est pas ouverte, c’est bon signe. L’arme dans la main droite, je l’ouvre doucement de la main gauche. Rien dans les escaliers. Je descend.

Arrivé en bas, je commence à parcourir les rayons dévasté du regard, il fait sombre et la lune n’éclaire pas assez. Je n’ose pas allumer ma lampe torche de peur de Les attirer. Rien ne bouge. Je ne suis pas rassuré. J’hésite, puis finalement je règle la molette de ma lampe au minimum et je l’allume. Le faisceau est faible mais suffisant pour me permettre de voir clairement à 3 ou 4 mètres devant moi.

J’avance lentement quand soudain je m’arrête. Quelqu’un se tient devant moi. Ses vêtements ne sont que les haillons ensanglanté d’un antique costard, sa peau est livide et coupé en de multiple endroits. Il lui manque toute la moitié de la mâchoire inférieure et une bonne partie de la gorge. Son bras gauche n’est plus qu’un moignon de coude. Son yeux, vident de toute vie, me transpercent comme des lances. Merde ! Il as du entendre la sonnerie du téléphone tout à l’heure.

Il s’avance, d’une démarche peu assuré. Sa cheville droite forme un angle incongru avec le reste de la jambe. Il tend son bras unique vers moi et ses doigts crochu se ferment sporadiquement, comme pour essayer de m’attraper, malgré les 3 mètres qui nous séparent. Je recule lentement, alors qu’un borborygme étrange s’échappe de ce qui reste de sa gorge. Il ne peut pas gémir, un bon point pour moi sinon dans les minutes qui suivent le coin aurait grouillé de Choses. En reculant, conservant une certaine distance avec le zombie, je sens que mon pied bute sur quelque chose. Je baisse les yeux: une bouteille brisée. Le bruit de tout à l’heure certainement. Je me baisse et la ramasse. Je la tient par le goulot et je remarque qu’un long tesson de verre pointu y est encore rattaché. Parfait.

J’ai perdu mon poignard il y a un mois ou deux et je doit avouer qu’il me manque. J’ai rapidement remarqué qu’un coup bien placé dans un oeil, suivit d’une rotation du poignet, met fin à toute velléité carnivore de la part de ces Choses. J’ai fait ça des dizaines de fois contre des zombies isolés mais à chaque fois, j’ai cette boule au ventre qui se forme. Je m’avance surveillant l’endroit où je pose mes chaussures. Hors de question de trébucher maintenant. Nous sommes proche l’un de l’autre maintenant. Il tend le bras maladroitement pour saisir à l’épaule, je le dévie sans peine, arme mon bras et plante le tesson de toute mes forces dans son orbite gauche. Mouvement du poignet, le tesson se brise avec un bruit cristallin. Il s’effondre en arrière avec un long borborygme. Un goutte de sueur roule sur ma tempe. Je me rend compte que j’ai arrêté de respirer. J’expire lentement et profondément. Ouf.

Je jette un coup d’oeil sur le corps étendu devant moi, il n’a rien sur lui, rien qui ne me soit utile en tout cas. Je repose ce qui reste de la bouteille par terre et j’enjambe le corps. Il ne faut pas que je m’attarde ici, il pourrait y avoir d’autres. J’éteint ma lampe torche et je franchis les verrières brisées pour sortir dans la rue. Je commence à marcher sur le bitume quand, mû par une intuition inexplicable, je tourne la tête vers la gauche. Ils sont trois, les vêtements peu déchirés mais ensanglanté, récents et donc en pleine forme. Merde.

Celui du centre, un homme j’ai l’impression, retrousse les lèvres. Sa mâchoire s’entrouvre et il pousse un long gémissement qui se répercute sur les bâtiments alentours.

Merde, merde, merde !

Je regarde dans la direction de la Pallisade Avenue. 4 miles en courant. Mes années en tant que quaterback de l’université me paraissent affreusement loin…


Chapitre 2: Arrivée

J-7, quelque part au dessus de Manhattan
Les deux turbines de haute technologie, conçue par la division aéronautique d’Intech System, n’émettait absolument aucun bruit à l’échappement. Seules les pâles des rotors contrarotatifs fouettant l’air, étaient susceptibles de trahir la présence du Night King.

Toujours les pieds dans le vide, fusil en travers des genoux, cigarette aux lèvres et monoculaire de vision nocturne sur l’oeil, Spades regardait les buildings qui défilaient en contre-bas. La ville s’arrêta brutalement alors que l’appareil commençais à survoler l’Hudso, non loin du Lincoln Tunnel. Spades, ôta le monoculaire, leva la tête et s’abîma dans la contemplation du ciel étoilé. Il tira une dernière fois sur ce qui restait dans sa cigarette, avant de laisser tomber le mégot dans le fleuve.

— Alors, on rêvasse ? dit une voix masculine que Vassili connaissait bien

Il leva le regard à la verticale: Che était penché au-dessus de lui, son perpétuel sourire peint sur le visage.

— Soit gentil et fais moi pas chier, se contenta t-il de répondre, avant de retourner à sa contemplation du ciel étoilé.

Che fixa son mousqueton à des crochet soudés à la carlingue du transport de troupes puis vint s’asseoir à ses cotés.

— Plus sérieusement, à quoi tu pensait ? insista le cubain.
— À ça, répondit Spades en tapotant quelque chose au-dessus de la poche gauche de sa veste de treillis.

Che se pencha pour mieux voir. Son ami désignais des petits badges métallique accrochés sur le tissu noir: ses étoiles de service. En tant que corps para-militaire, les Z-Corps n’échappais pas à la tradition des récompenses, grades et médailles. En l’occurrence, pour chaque mission accomplies avec succès, OneWorld récompensait les Contrôleurs en leur donnant un badge en forme d’étoile de couleur cuivre. Toutes les 5 missions, un badge argenté vient remplacer les quatre étoiles cuivrés précédemment acquise. Enfin, à dix missions, c’est un badge doré qui est accroché à la veste. 50 missions réussie avec succès signifient que le Contrôleur est libéré des obligations de son contrat avec OneWorld. Dans toute l’histoire des Z-Corps, aucun Contrôleur n’a réussi à atteindre ce « nombre magique », soit parce qu’il à fait honneur au taux de mortalité indécemment élevé de cette profession, soit parce qu’il as finis estropié ou encore parce qu’il à gagné du galon et préféré rester en vie dans un bureau.

Che compta, un badge doré et 4 cuivrés étaient accrochés sur la veste de Vassili. Une fois rentré à la base, Spades se verrait remettre un badge argenté. 15 missions et de ce que Che en savait, pas une égratignure. Che baissa les yeux vers ses propres badges, un argenté et un cuivré.

— 15 missions, tu va gagner le grade qui avec ? demanda Che.
— Contrôleur Principal de Deuxième Classe ? P’têt bien que oui, p’têt bien que non, répondit laconiquement Vassili en s’allumant une nouvelle clope. Ça passe vite quand même. 15 putain de déploiements en deux ans et demis, à croire qu’OW veut se débarrasser de moi.
— OW je sais pas, mais certain ouais, sans aucuns doute, dit Che avec un léger mouvement de tête.

Vassili ne regarda pas mais il devinait que Che venait de désigner la petite rousse. Il devina aussi que si elle faisait mine de rien n’avoir entendu, la concernée devait probablement fusiller les deux hommes du regard (à défaut d’avoir le droit de le faire avec son arme de service). Il eu un demi-sourire à cette pensée.

Du coin de l’oeil, Spades vit Che dégainer un long cigare puis le sentir avec un petit soupir de satisfaction. Spades sortit d’une poche de sa veste son briquet, un zippo en platine gravé du symbole d’un as de pique et d’un crâne grimaçant et le tendis à son amis. Che le remercia d’un mouvement de tête et alluma son imposant cigare alors que l’appareil amorçait sa descente vers l’Aérodrome de Staten Island.

Le train d’atterrissage et la main experte du pilote acheva de poser le Night King au sol au douceur. Vassili et Che avait déjà ôté leur mousqueton et passé en bandoulière leur sac et arme respectives. Ils sautèrent souplement sur le sol puis se dirigèrent vers leur baraquement. Che se lâcha une longue bouffée de fumée blanchâtre dans l’air nocturne puis se tourna vers Spades qui marchait à ses coté.

— Ah ! J’adore quand une mission se déroule sans accrocs, lâcha t-il avec un sourire jusqu’aux oreilles
— Putain t’est con, allez avance ! lui répondit Vassili sur le ton de plaisanterie et lui envoyant un léger coup de poing dans l’épaule.

**********
*SPROTCH* Mouhaha, who's next ?
Avatar de l’utilisateur
Lord Hinateur
 
Messages: 18
Inscription: Lun Mar 21, 2011 12:37 pm
Localisation: Ollainville (Essonne, 91)

Re: [Fan-Fic + Univers] Z-Corps 2022

Messagepar Lord Hinateur » Dim Déc 18, 2011 1:04 pm

Voilà j'ai mis en ligne tout ce que j'ai écrit pour l'instant (les exams sont arrivé pile au milieu du Chapitre 2).

Voici également des images de ma création qui illustrent les étoiles de service:


ImageImageImage
*SPROTCH* Mouhaha, who's next ?
Avatar de l’utilisateur
Lord Hinateur
 
Messages: 18
Inscription: Lun Mar 21, 2011 12:37 pm
Localisation: Ollainville (Essonne, 91)


Retourner vers Z-Corps

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Yahoo [Bot] et 2 invités